燃油价格上升:谁该负责及怎样减轻负担?
En pleine polémique sur la surtaxation des profits des compagnies pétrolières, le groupe Total a annoncé qu'il continuerait à financer, l'hiver prochain, la prime à la cuve versée à quelque 700 000 foyers non imposables se chauffant au fioul. Christophe de Margerie l'a précisé, lundi 9 juin, au terme d'une réunion de deux heures avec la ministre de l'économie, Christine Lagarde. Le directeur général de la compagnie pétrolière a également accepté de prendre en charge l'essentiel de son augmentation, comme le souhaitait l'Elysée, à condition que d'autres pétroliers implantés en France s'y mettent aussi.
Ce geste, qui concerne les particuliers, n'est pas de nature à apaiser la colère des professionnels, qui attendent toujours la mise au point, des plus délicates, du fonds d'aide dont Nicolas Sarkozy a évoqué la création à la fin mai.
La rencontre Margerie-Lagarde permet, toutefois, au gouvernement d'occuper le terrain. Lundi, alors que des camionneurs bloquaient le trafic poids lourds entre la France et l'Espagne, le chef de l'Etat a réitéré son souhait de voir les 27 pays de l'Union européenne (UE) adopter une position commune face au "choc sans précédent" de la hausse des prix de l'énergie.
La reconduction du financement de la prime à la cuve, dont Total avait déjà accepté en début d'année de financer le doublement, coûtera 102 millions d'euros au premier distributeur de carburants en France et son augmentation – l'aide, doit passer de 150 à 200 euros – "entre 30 et 40 millions".
Ce sont des sommes relativement modestes eu égard aux bénéfices record (12,2 milliards d'euros) affichés par l'entreprise en 2007 et aux sommes considérables (1,7 milliard d'euros) qu'elle a consacrées notamment à racheter ses propres actions pour soutenir les cours de Bourse et mieux rétribuer ses actionnaires. Ceux-ci ont bénéficié d'un dividende de 2,07 euros par action (+ 11 %). Une politique menée par d'autres groupes pétroliers étrangers, mais vivement critiquée par le député socialiste du Lot-et-Garonne, Jérôme Cahuzac.
Il est peu probable d'ailleurs que le geste de Total suffise à apaiser la polémique qui enfle, depuis le week-end, entre l'UMP et le PS. La socialiste Ségolène Royal l'a lancée, samedi, en qualifiant les profits de Total de "bien collectif". Rebondissant sur les propos de sa rivale, le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, a invité à taxer davantage une société qui "se goinfre".
Lundi, deux porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, ont accusé la gauche de "démagogie" et mis en garde contre les risques de délocalisation de Total…
posted on 2008-06-10 18:16
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