乔乔的博客
《巴黎感觉》的乔乔  《终极美丽》的乔乔
  《巴黎感觉》片头曲
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<2006年6月>
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巴黎感觉乔乔的博客
乔乔
钟情电视十年了,感觉巴黎四年了,现在回来了。
98年后在湖北卫视做文化访谈《文化纵横》,要端庄持重知性大方。
02年后做《巴黎感觉》,要青春时尚动感快乐。
完全两回事,好像我活倒了,年少时试图活得成熟,边长大边变得……
现在还没完全缓过神来,还没找到新感觉呢,高兴地找呢……
一起感觉生活吧!

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1. j'aime bcp "paris sensation"
Bonjour: qiaoqiao Moi,c'est isabelle.Quand je viens d'entrer a l'universite,je rencontrais"pa... (isabelle qiu)
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支持!加油! (Lizi)
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乔乔,支持你,支持中国。 (catjane)
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我們都僾國! (啁啁)
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分析的有道理。当但有一点博主要了解:中国经济增长的减缓对西方国家甚至全球都不利!西方国家并非希望中国贫穷。 (Mr.Liu)
6. re: >在青海卫视又开始重播了!
这么多人说好,我从来没看,很想看看.请问巴黎感觉有网站吗?在哪可以看到.谢谢 (connie)
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乔乔,你真有头脑,国家的兴旺就是要人人团结!聚精会神搞建设,一心一意求发展! (xkj)
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今年中国人的种种表现都证明了中国人是越困难,越团结 (长青旅人)
9. re: 给怡咏的答复,祝你的花店成功!
业务在事情中喜欢所有方面也关注,不过我自己很明显的是运作攒钱的事,和他也没关系。 (MINGMING )
10. re: 给怡咏的答复,祝你的花店成功!
业务在整个的运作中已清晰的明了事情,所以自己没必要隐瞒。自己没攒钱。就没攒钱。 (MINGMING )

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乔乔----

丽兹酒店曾经是普鲁斯特的天堂,

普鲁斯特曾经是丽兹的普鲁斯特

1907年的一餐晚宴价值700法郎,却让他无悔而神往......

他也爱极了享受生活,他也很饕餮......

 

 

马塞尔·普鲁斯特 Marcel Proust·生平简介

 

  马塞尔·普鲁斯特,法国20世纪伟大的小说家,意识流小说大师。19846月,法国《读书》杂志公布了中法国、西班牙、联邦德国、英国、意大利王国报刊据读者评选欧洲十名“最伟大作家”,所排名次,普鲁斯特名列第六。

  他出生于一个非常富有的家庭,自幼体质孱弱、生性敏感、富于幻想,这对他文学禀赋早熟起了促进作用。

  中学时开始写诗,为报纸写专栏文章。后入巴黎大学和政治科学学校钻研修辞和哲学,对柏格森直觉主义的潜意识理论进行研究,尝试将其运用到小说创作中,可以说柏格森、弗洛伊德成了他一生文艺创作的导师。他和同窗好友创办杂志《宴会》,从1892年起,在该杂志发表短篇小说和随笔。1896年他将已发表过的10多篇作品收集成册以《欢乐与时日》为题出版,法朗士为之作序。

  18961940年,他撰写了长篇自传体小说《让·桑特依》,写的是童年时代的回忆,但直到1952年才出版。

  他还翻译了英国美学家约翰·罗斯金的著作《亚眠人的圣经》(1904)、《芝麻和百合花》(1906)。

  19031905年普鲁斯特父母先后去世,他闭门写作,除写了阐述美学邓点的论文《驳圣·勃夫》,并开始了文学巨著《追忆似水年华》的创作。自此,他的毕生精力都投入到这部作品的创作修改之中。1912年,他将小说前三部交给出版商,受到冷遇,1913年他自费出版了第1部《斯万之家》,反应冷淡。

  1919年,小说第2部《在花枝招展的少女们身旁》由卡里玛出版社出版,并获龚古尔文学奖,作者因而成名。19201921年发表小说第3部《盖尔特之家》第12卷;19211922年发表第4部《索多梅和戈莫勒》第12卷。

作品的后半部第5部《女囚》(1923)、第6部《逃亡者或失踪的阿尔贝蒂娜》(1925)和第7部《过去韶光的重现》(1927),是在作者去世后发表的。这部小说的故事没有连贯性,中间经常插入各种感想、议论、倒叙,语言具有独特风格,令人回味无穷。这部作品改变了对小说的传统观念,革新了小说的题材和写作技巧。普鲁斯特作为意识流小说流派的开山鼻祖而在世界文学史上留名。

 

此简介摘于http://www.xxsy.net/wgwx/7_10317.html

 

 

 

                                  

 

 

 

 

Lettre de Marcel Proust à l’Hôtel Ritz

 

« Dans le temps », comme dit l’expression populaire, je donnais mes rendez-vous au Ritz ; aujourd’hui, je voudrais donner au Ritz un rendez-vous dans le Temps, et même un rendez-vous au Temps, pour le fixer à jamais en ce lieu où je fus si confortablement et si pleinement heureux, moi qui, longtemps, me suis passé de bonheur.

Quand je m’exerçais à goûter l’un de ces plaisirs forts que procurent nos sens et que je tentais de prolonger en moi, autant que le permettent les invisibles cheminements qu’elles suivent dans le cerveau, les traces de mes sensations, c’est à l’Hôtel Ritz que j’ai le mieux savouré les toniques puissants que sont une société choisie, de graves réflexions et des propos légers, des mets délectables, une atmosphère exquise.

 

Lorsqu’il fut établi que je vivais à l’inverse du monde, le Ritz, restant ouvert, eut vite ma préférence (j’apprends qu’aujourd’hui il ne ferme jamais, ce doit être le paradis). À cette époque, et par un privilège à moi réservé, Odilon Albaret pouvait aller avec son taxi jusqu’à la rue Cambon si j’avais désiré de la bière glacée ou souhaité offrir au désert brûlant de ma soif ces pics de fraîcheur, obélisques de framboise, de fraise - glaces abruptes de granit rose que je faisais prendre dans la cuisine du restaurant qu’il ouvrait lui-même au milieu de la nuit et où il savait trouver toutes les délicatesses qui convenaient à mon gosier dont mon ami Olivier Dabescat, premier maître d’hôtel d’alors, connaissait aussi bien les détours que les secrets du Gotha qu’il me livrait tout vifs, tel un duc de Saint-Simon incongrûment déchu survivant dans ce siècle, avec toute la finesse apprise, autant qu’héritée sans doute, du célèbre César Ritz, trop tôt disparu, qui l’avait amené du Savoy de Londres dans l’établissement parisien auquel son nom allait bientôt conférer le lustre que l’on sait.

 

Il me semble que c’est chez Ritz, avec mon grand souper du 1er juillet 1907, que j’entrai dans la vraie vie qu’est la littérature, car (chose que je n’ai jamais dite) je marquai là mes épousailles avec la chrysalide de mon œuvre. Pour le repas de noces, qui me coûta 700 francs - je ne les regrette pas - je choisis un salon commode avec un boudoir adjacent où je pouvais, en cas de nécessité, brûler la poudre Legras de mes fumigations antiasthmatiques ; heureusement, je ne pris froid que le lendemain, dans mon lit. Quoiqu’arrangée, comme toujours, à la hâte, et comme toujours, modifiée à la dernière minute, « la chose fut exquise et fort bien ordonnée » : Fauré, qui devait en être la vedette musicale, se décommanda à la dernière minute ; Mme Straus, fuyant le froid, je citai moi-même plusieurs de ses inimitables traits de l’esprit Halévy dont elle a le secret ; mais Mesdames de Brantes, de Briey, d’Haussonville, de Ludre, de Noailles, M. et Mme de Clermont-Tonnerre, d’Albufera, Gaston Calmette, Jean Béraud, Jacques Blanche, Emmanuel Bibesco étaient réunis pour le souper (Guiche avait composé le menu et la carte des vins) ; et après dîner, je revois les Casa Fuerte, les d’Humières, la princesse de Polignac, Mme de Chevigné, Edouard Rod, Alexandre de Neufville, Gabriel de La Rochefoucauld, Eugène Fould ; et tous me manifestaient leur extrême gentillesse, des attentions touchantes : bonté de ce temps, magie de ces noms... et de ce premier Ritz, rose de toutes les promesses qu’il a si bien tenues.

 

Les années suivantes, je reçus tant d’invitations à dîner au Ritz que je fus grandement récompensé de cette soirée qui, en réalité, ne m’avait donné aucune peine. Bientôt, des enchantements d’une tout autre nature me furent offerts par la fréquentation régulière de ce lieu : lorsque j’arrivais place Vendôme, sur la brève distance qui séparait la voiture de l’Hôtel, trois pavés incurvés formaient comme une petite vasque triangulaire où mon pied glissait, légèrement désaxé ; mais c’est sans nulle appréhension que j’abordais ce sol inégal : chaque fois, au contraire, un léger frémissement annonciateur de bonheur s’emparait de moi, sans que j’en devinasse la cause, croyant toujours la saisir dans la perspective d’un dîner succulent, studieux, amical ou mondain, ou celle de l’agrément que j’aurais à causer avec Olivier, avec le directeur, M. Ellès, ou avec tel des employés avec qui j’étais devenu familier ; je cheminais, et c’était une joie sans cesse renouvelée, un signe avant-coureur de mes « bonheurs-du-Ritz », que de retrouver, inattendu, discret, impitoyable, prometteur et caché, ce petit passage où la frêle voix du souvenir, ravie, transportée, aérienne, s’écriait au plus profond de moi : « Venise ! ».

 

Puis je devins « le Proust du Ritz » (je me suis toujours demandé pour qui était la réclame que semble contenir cette formule) ; j’avais « mon » « numéro 12 » mais j’aimais aussi la salle à manger à condition qu’on fermât la galerie et que le chauffage y fût suffisant. J’arrivais un peu après onze heures du soir, la salle était déserte, je commandais un poulet rôti ou du gigot, des pommes de terre, des petits pois fondants ou encore des carottes à la crème, des haricots verts tout frais, ruisselants de beurre, de la salade... Le garçon qui me servait me donnait mille précieuses indications sur les têtes couronnées qui constituaient la clientèle de l’Hôtel : le prince de Galles et ses frères, le roi Alphonse XIII, le roi du Portugal, la reine Marie de Roumanie... Le serveur me suivait dans un petit salon, armé d’une grande cafetière d’argent emplie d’un excellent café dont je buvais une vingtaine de tasses tandis qu’il continuait sa « chronique ».

 

Pendant la guerre, la princesse Soutzo et le bon Olivier Dabescat me fournissaient en petits-beurre aussi abondamment qu’en potins, et nous eûmes des soirées mémorables comme cette nuit où un hypnotiseur refusa d’exercer ses talents sur moi, impressionné, sans doute, par l’aura de mon génie. C’est depuis un balcon du Ritz que, dans un ciel nocturne, j’assistai au spectacle sublime d’un raid aérien transfigurant Paris en opéra de Wagner, des Walkyries escaladant en Zeppelins une voûte céleste apocalyptique dans des chevauchées résonnant de l’appel pathétique des sirènes tandis que le palace était transformé en décor pour une scène de la pièce de Feydeau, L’Hôtel du Libre échange ; on y reconnaissait, à chaque coin de couloir, tel prince surpris en chemise de nuit rose, tel financier drapé dans une douillette de satin ponceau, tremblant de se retrouver nez à nez avec un coulissier qu’il avait poursuivi, telle riche Américaine aux yeux peints en violet, serrant sur ses seins décatis qu’exhibait platement son peignoir de soie bleue, le collier de perles qui lui permettrait d’épouser un duc décavé... En réalité, le Ritz était hors de la guerre comme il est toujours : hors du temps...

 

Palais des Mille et Une Nuits, le Ritz brille encore pour moi de cette lumière unique d’un rose doré spécial qui donne aux joues des femmes ces nuances veloutées de pêche, d’abricot, de brugnon, de crème d’amandes gratinée, ces rousseurs d’aubépine, cette blondeur de fleurs, ce goût de frangipane. Je veux, après quatre-vingts ans d’éternité, lui dire comment il représenta le dernier mirage matériel de ma vie terrestre.

Il y avait déjà bien des années que j’avais éprouvé pour la première fois, et sans jamais m’en lasser, les délices de la bière du Ritz lorsque, une nuit de novembre 1922, après des heures atroces de travail et d’agonie, je me pris à rêver de ce qui m’apparut soudain être bien plus qu’un breuvage : un remède, une drogue, un viatique, une oasis, une joie. Odilon parti, j’espérai - follement - goûter une fois encore à cette ultime ivresse ; puis je désespérai : la bière, comme la gloire, arriverait trop tard. Enfin, derrière Céleste, vigile infatigable, j’aperçus Odilon, portant la bouteille brune embuée de fraîcheur ; je devinai, sous l’épaisseur du verre soulignée de la blancheur empesée d’une serviette, l’amertume glacée, providentielle, apaisante et moussue de l’écume bienfaisante ; mais, déjà, je n’avais plus la force de rien prendre. Depuis, dans mon éternité, je fixe pour toujours l’insaisissable rien de mon songe vivant : un frisson d’or frisé picotant mon palais.

 

                     Marcel Proust,

 

 

 

 

posted on 2006-06-08 18:50 乔乔 阅读(2163) 评论(4)  编辑  收藏

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2006-06-08 20:38 | 就喜欢乔乔
乔乔乔乔,我毫不掩饰自己对你的喜爱,看我的名字就知道啦!
我觉得你是我见过的最有气质,最漂亮的女人。
能在沪江看到你的博客更验证了我一直以来的感觉。
你是最棒的知识女孩儿~我每天都来看你:D
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2006-06-09 00:05 | handks
其实我也是乔乔节目的忠实观众。
不过好久没在屏幕上看到你了。
希望乔乔能多发一些生活和工作照上来让大家饱饱眼福。好吗?
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2006-06-12 17:09 | 宋君
法文是我的弱项。^_^
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2006-06-12 17:25 | 火柴妞
可是哪里能看到她的节目呢?
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